Quelles sont les anomalies possibles du frottis cervical ?

Les anomalies sont classées désormais, en France, de façon reproductible en utilisant la classification dite de Bethesda que tous les laboratoires d’analyse cytologique devraient utiliser en France afin d’avoir un langage commun et donc des attitudes cliniques semblables.

Dans 95 % des cas en général le frottis est normal:

c'est-à-dire qu’il n’y a aucune anomalie visualisée sur les cellules qui peuvent évoquer un éventuel sur-risque de cancer du col,

en revanche il peut y avoir une infection vaginale détectée sur le frottis (comme  par exemple une mycose) mais qui n’est pas associée à un risque cancérigène particulier qui nécessitera simplement une désinfection adaptée.

Dans 4-5% des cas il peut y avoir des anomalies:

ces anomalies peuvent être les suivantes :

  • Frottis type ASCUS (acronyme de Atypical Squamous Cell of Unknowned Significance) ce qui veut dire : anomalies des cellules malpighiennes de signification inconnue) représente 1 à 2 % des frottis. Cette situation veut signifier que les cytologistes voient des anomalies des cellules qui leur paraissent trop peu importantes pour les inquiéter mais qui tout de même demandent une vérification. Devant cette situation le clinicien à trois possibilités :
    • demander un nouveau contrôle du frottis après 6 mois puis 12 mois,
    • demander un examen colposcopique (examen du col au microscope),
    • demander un test HPV (acronyme de Human Papilloma Virus) : c'est-à-dire rechercher sur les cellules du frottis la présence ou non de papillomavirus dits à haut risque ; si ceux-ci sont absents on peut être rassuré (en l’absence de virus potentiellement oncogène, la probabilité d’avoir une lésion précancéreuse sur le col est très faible), en revanche si ceux-ci sont présents, il faudra rechercher une éventuelle lésion sur le col par un examen colposcopique.
  • Frottis type ASC-H (acronyme de Atypical Squamous Cell evocating High grade lesion, ce qui veut dire : anomalies des cellules malpighiennes pouvant évoquer une lésion de haut grade) représente moins de 0.5 % des frottis. Cette situation veut signifier que les cytologistes voient des anomalies des cellules qui leur paraissent assez importantes pour les inquiéter mais sans pouvoir être certains de leur réalité. Devant cette situation le clinicien n’a qu’une seule possibilité :
    • Demander une colposcopie.
  • Frottis évocateur d’une lésion de bas grade : représente 1 à 2 % des frottis. Cette situation veut signifier que les cytologistes voient des légères anomalies des cellules qui évoquent la possibilité d’une infection à HPV ou d’une dysplasie légère (CIN1 ou Cervical Intra épithélial Neoplasia de grade 1). Devant cette situation le clinicien a plusieurs possibilités :
    • Demander une colposcopie afin d’examiner le col et donc de voir s’il y a réellement une lésion afin, le cas échéant, pratiquer une ou des biopsie(s).
    • Pratiquer un contrôle cytologique (nouveau frottis) après 6 mois puis 12 mois car ces lésions légères du col peuvent régresser spontanément. Si, en revanche les aspects cytologiques persistent lors des contrôles, alors il faudra pratiquer une colposcopie.
  • Frottis évocateur d’une lésion de Haut grade : représente moins de 1 % des frottis cette situation veut signifier que les cytologistes voient des anomalies sévères des cellules qui évoquent la possibilité d’une dysplasie moyenne à sévère (CIN2 ou 3 ou Cervical Intra épithélial Neoplasia de grade 2 ou 3) qui sont des lésions dont le potentiel pré-cancereux est plus affirmé. Devant cette situation le clinicien n’a qu’une seule possibilité :
    • Demander une colposcopie.
  • Frottis évocateur d’une lésion glandulaire (AGC, ACIS) : représente moins de 0,1 % des frottis. Cette situation veut signifier que les cytologistes voient des anomalies des cellules qui sont à l’intérieur du col de l’utérus. Cette situation est beaucoup plus rare, car ces lésions sont moins fréquentes, mais plus difficiles à mettre en évidence parce que justement situées à l’intérieur du col qui est un petit canal difficile à visualiser. Devant cette situation le clinicien n’a qu’une seule possibilité :
    • Demander une colposcopie,
    • Pratiquer un curetage de l’endocol,
    • Voir demander un test HPV,
    • Évaluer l’utérus dans la cavité plus haut située car les cellules anormales peuvent venir non pas du col mais de l’endomètre ou des trompes ou des ovaires (en réalisant une échographie pelvienne et/ou une biopsie de l’endomètre).

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