Qu'est-ce qu'une conisation ?

Une conisation consiste à retirer chirurgicalement une partie (de volume variable) du col de l’utérus (dessin). Le but en est double :

  • d’une part de retirer la lésion afin de débarrasser la patiente de celle-ci,
  • d’autre part, de pouvoir analyser plus complètement la lésion qui est retirée, afin de vérifier 

    - que la lésion a bien été retirée complètement, on dit alors que les berges sont saines,

    - qu’il n’existe pas de discordance entre les biopsies préopératoires (faites sous contrôle colposcopique) et l’analyse définitive de « toute » la lésion sur la pièce opératoire, afin d’éliminer tout éventuel risque de cancer du col débutant qui aurait pu être sous évalué initialement.

Il est donc indispensable de confier au laboratoire d’analyse une « pièce opératoire » de bonne qualité et de travailler avec un pathologiste rompu et exercé à la lecture de ce type de pathologie.

Comment cela se passe en pratique ?
 Il y a plusieurs méthodes de conisation :

  • La conisation chirurgicale traditionnelle au bistouri qui devient, de nos jours, exceptionnelle.
  • La conisation au laser qui a eu sa vogue dans les années 1990, actuellement peu utilisée car un peu longue à réaliser.
  • La conisation à l’anse diathermique encore appelée ECAD (pour Electro Conisation à l’Anse Diathermique) qui est la plus utilisée dans le monde.
  • La conisation à la pointe fine électrique encore appelée SWETZ (pour Straight Wire Excision of Transformation Zone).

les conisations qui consistent donc à retirer un fragment plus ou moins important du col peuvent avoir des conséquences sur la fonction cervicale au cours des futures grossesses; il est donc indispensable de limiter la resection au strict minimum, afin d'avoir la meilleure qualité de cicatrisation et donc de confier le traitement de ces lésions à un chirurgien rompu aux techniques de surveillance colposcopique per-opératoire (qui participe à la charte de qualité en colposcopie: garante de sa formation initiale et continue en pathologie cervicale)

Comment choisir entre ces différentes méthodes ?
Il s’agit en général du choix du chirurgien, de son expérience mais aussi et surtout de la taille de la lésion et de sa profondeur à l’intérieur du col.

Ainsi, schématiquement pour les lésions peu étendues (85 % des cas) on aura recours le plus souvent à l’Electro Conisation à l’Anse Diathermique (ECAD) et pour les lésions profondes (10 à 15 % des cas) à la conisation électrique (SWETZ).

Bien évidemment cette distinction de choix, entre les méthodes est ici trop schématique et dépendra surtout de l’expérience et du choix du médecin.

Conisation à l’Anse Diathermique (ECAD) en pratique :

  • En général l’ECAD est faite dans un établissement de soin (clinique ou hôpital) dans une salle de bloc opératoire.
  • Il est nécessaire de prévoir une anesthésie le plus souvent locale, mais dans certaines situations, il peut être nécessaire de prévoir une anesthésie générale quand les lésions sont très étendues ou dans des zones difficiles d’accès ou  multifocales.
  • Un spéculum est mis en place, puis une colposcopie (avec application des colorants) est pratiquée afin de bien voir les limites des lésions.
  • On réalise ensuite une anesthésie locale directement sur le col par une infiltration d’anesthésiques (comme chez le dentiste), une fois l’analgésie obtenue.
  • On installe un bistouri électrique qui fournira l’énergie nécessaire à la section, puis un aspirateur à fumée (parfois bruyant) est alors mis en route afin que la vision soit toujours claire et nette.
  • Dès lors l’intervention proprement dite commence et dure en général quelques 10 minutes lorsqu’il ne s’agit que du traitement de lésions du col de l’utérus.
  • Le spéculum est ensuite retiré et la patiente peut rentrer chez elle ou vaquer à ses occupations habituelles, il n’est pas nécessaire, le plus souvent de prévoir un arrêt de travail, lorsque l’intervention a été pratiquée sous anesthésie locale.
  • Les suites ne sont pas douloureuses, mais sont marquées par des petites pertes jaunâtres ou rosées qui témoignent de la cicatrisation.
  • Rarement (1 à 2 %), un saignement important peut survenir 8 à 10 jours après l’intervention, en raison de la possibilité d’une chute d’eschare, il convient donc de ne pas s’éloigner de son centre de soins pendant les deux semaines qui suivent l’intervention.
  • Les seules interdictions habituellement conseillées concernent : l’absence de rapports sexuels, de bains ou piscine et la mise en place de tampons périodiques pendant 3 semaines après l’intervention. Par ailleurs dans quelques cas rares (de l’ordre de quelques 3 à 4 %) des saignements importants avec caillots peuvent survenir dans les 8 à 14 jours après l’intervention, il convient donc de ne pas voyager pendant cette période.
  • En cas de douleurs du bas ventre, de saignements importants, il convient de reprendre contact rapidement avec le médecin qui a pratiqué l’intervention.
  • Afin de contrôler que les lésions ont bien disparues et que la cicatrisation est bonne, il est important de prévoir un contrôle dans les trois mois qui suivent ce type d’intervention chirurgicale
  • Habituellement ce type d’intervention ne semble pas interférer avec la fertilité ultérieure, en revanche si le volume retiré est important (au delà de 10mm de résection dans l’endocol) il est possible d’avoir un retentissement sur la durée de la future grossesse (augmentation du risque d’accouchement prématuré)
  • L’efficacité de la conisation par ECAD n’est pas de 100 %, il est donc indispensable de prévoir des contrôles réguliers afin de vérifier l’absence de récidive ou de persistance des lésions à papillomavirus.

Photo d'une anse diathermique
Photo d'une anse diathermique

Photo  résection de la lésion sur le col de l’utérus
Photo résection de la lésion sur le col de l’utérus

Photo d’une pièce de résection à l’anse diathermique
Photo d’une pièce de résection à l’anse diathermique

 

Conisation électrique (SWETZ) en pratique :

  • En général la conisation chirurgicale type SWETZ est faite dans un établissement de soin (clinique ou hôpital) dans une salle de bloc opératoire.
  • Il est nécessaire de prévoir une anesthésie générale (plus rarement locale) car les lésions sont plus étendues ou plus profondes.
  • Un spéculum est mis en place, puis une colposcopie (avec application des colorants) est pratiquée afin de bien voir les limites des lésions.
  • On installe un bistouri électrique qui fournira l’énergie nécessaire à la section, puis un aspirateur à fumée (parfois bruyant) est alors mis en route afin que la vision soit toujours claire et nette.
  • Dès lors l’intervention proprement dite commence et dure en général quelques 10 à 20 minutes lorsqu’il ne s’agit que du traitement de lésions du col de l’utérus, le volume retiré étant plus important il est parfois nécessaire d’avoir recours à des sutures chirurgicales (fils de suture résorbables).
  • Le spéculum est ensuite retiré et la patiente peut rentrer chez elle après quelques heures de surveillance.
  • les suites ne sont pas douloureuses, mais sont marquées par des petites pertes jaunâtres ou rosées qui témoignent de la cicatrisation.
  • Rarement (1 à 2 %), un saignement important peut survenir 8 à 10 jours après l’intervention, en raison de la possibilité d’une chute d’eschare, il convient donc de ne pas s’éloigner de son centre de soins pendant les deux semaines qui suivent l’intervention.
  • Les seules interdictions habituellement conseillées concernent : l’absence de rapports sexuels, de bains ou piscine et la mise en place de tampons périodiques pendant 3 semaines après l’intervention. Par ailleurs dans quelques cas rares (de l’ordre de quelques 3 à 4 %) des saignements importants avec caillots peuvent survenir dans les 8 à 14 jours après l’intervention, il convient donc de ne pas voyager pendant cette période.
  • En cas de douleurs du bas ventre, de saignements importants, il convient de reprendre contact rapidement avec le médecin qui a pratiqué l’intervention.
  • Afin de contrôler que les lésions ont bien disparues et que la cicatrisation est bonne, il est important de prévoir un contrôle dans les trois mois qui suivent ce type d’intervention chirurgicale.
  • Habituellement ce type d’intervention ne semble pas interférer avec la fertilité ultérieure, en revanche comme le volume retiré est ici plus important (au delà de 10 mm de résection dans l’endocol) d’avoir un retentissement sur la durée de la future grossesse (augmentation du risque d’accouchement prématuré) d’où l’intérêt de bien sélectionner les indications de ce type d’intervention.
  • L’efficacité de la conisation par ECAD n’est pas de 100 %, il est donc indispensable, ensuite, de prévoir des contrôles réguliers et prolongés afin de vérifier l’absence de récidive ou de persistance des lésions à papillomavirus.

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