La biopsie du ganglion sentinelle

Le ganglion sentinelle (GS) est théoriquement le premier ganglion recevant le drainage lymphatique d’une tumeur.

La technique de la biopsie du ganglion sentinelle (BGS) a pour objectif l'identification de ce(s) ganglion(s) par injection d’un colorant et/ou d’un colloïde radioactif, puis son exérèse pour étude anatomopathologique.

Dans la prise en charge du cancer du sein, son intérêt est :
- d’éviter un curage axillaire (CA) chez les patientes qui n'ont pas d'atteinte ganglionnaire. Ceci pourrait concerner jusqu’à 70 % des patientes présentant une tumeur de moins de 3 cm. Cette technique permet de focaliser l’analyse histopathologique sur un petit nombre de ganglions. (HAS rapport 2002). Elle consiste donc à pratiquer l’ablation du premier ganglion du creux de l’aisselle en prenant l’hypothèse qui s’est révélée juste dans l’immense majorité des cas que, si ce Ganglion dit sentinelle était négatif, les autres le seraient également : il est donc inutile des les retirer et d'alourdir le geste chirurgical.

Comment identifier le ganglion sentinelle (GS) ?

La veille de l’intervention ou encore quelques heures avant, on injecte un produit isotopique (faiblement radioactif) dans le sein qui va se diriger progressivement vers ce premier ganglion.

Celui-ci sera repéré après quelques heures par une « radio » (dite lymphoscintigraphie).

Le lendemain matin (ou l’après-midi si l’injection a eu lieu le matin), le chirurgien va injecter au début de l’intervention (le plus souvent sous anesthésie générale) un deuxième traceur sous la forme d’un colorant (bleu) dans le sein.

Puis l’intervention commence par l’incision de la zone repérée fixant l’isotope grâce à l’utilisation d’une petite sonde de détection.

Le chirurgien retirera le (ou les) ganglions marqués (soit par le bleu, soit par l’isotope soit par les deux marqueurs). Il n’est pas rare, en fait, que la biopsie du ganglion sentinelle concerne en fait 2 ou 3 ganglions.

Le (ou les) ganglions dits sentinelles sont alors adressés au médecin anatomo-pathologiste qui va :
- d’abord les examiner au microscope immédiatement (examen  dit extemporané) : s’ils sont négatifs à ce premier examen, la procédure chirurgicale s’arrête car la probabilité que d’autres ganglions soient atteints est très faible et cela évite de pratiquer un véritable curage et limite donc les séquelles potentielles,
- puis procéder ensuite à une analyse plus fine et plus complète dans son laboratoire dont les résultats parviendront au bout de 7 jours, si l’on découvre la présence de cellules cancéreuses, il faudra alors le plus souvent envisager de compléter l’intervention par une reprise chirurgicaledu curage axillaire.

Quand pratiquer cette technique du ganglion sentinelle (GS) ?

Il n’est pas possible de proposer la biopsie du Ganglion sentinelle (BGS) :
- lorsque le médecin palpe un ganglion suspect dans l’aisselle ou quand le radiologue a repéré un ganglion atteint par ponction,
- quand la tumeur est trop volumineuse ou multifocale (dans ce cas le risque d’atteinte du creux axillaire est plus important et donc le bénéfice de la BGS plus faible).

D'autres contre-indications sont plus relatives :
- lorsque la patiente a déjà bénéficié d’une tumorectomie ou biopsie chirurgicale (car la chirurgie antérieure risque d’interrompre le chemin des vaisseaux lymphatiques et masquer le Ganglion sentinelle), d’où l’intérêt de pratiquer avant l’intervention des micro-biopsies qui permettent de confirmer le diagnostic de cancer et proposer cette technique,
- lorsque la patiente à une chirurgie antérieure du sein  (réduction mammaire, incision du creux axillaire pour prothèse) ou une radiothérapie ou une chimiothérapie.

Dans tous ces cas si le ganglion sentinelle n'est pas identifiable, il sera préférable de pratiquer un curage axillaire classique.

Il est possible de proposer cette technique de Biopsie du ganglion sentinelle (BGS) dans les cas suivants :
- cancer du sein invasif confirmé par une micro ou macro biopsie préopératoire,
- cancer de moins de 3 cm uni focal,
- carcinome in situ étendu,
- en revanche cette technique est le plus souvent contre-indiquée en cas de traitement préopératoire (chirurgie, chimio, hormonothérapie ou radiothérapie).

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